Sublutetia 3 : right or wrong ?

S’il y a bien quelque chose dont je me sois fait une spécialité sournoise, c’est de mélanger le vrai et le faux dans mes histoires. Une dose de « vrai », ça permet de mieux faire avaler le « faux » par la suite. Un peu comme l’enrobage dragéifié d’un cachet d’ibuprofène (non, oubliez cette comparaison, c’est n’importe quoi, en fait : j’écris ça juste parce que je viens de me réveiller avec une migraine). On m’a régulièrement demandé si les « hypnofonges » de Sublutetia existaient vraiment, par exemple. Et si la réponse est non, il est toutefois vrai que des champignons étaient cultivés naguère sous Paris.

J’ai pensé qu’il serait amusant, pour ceux qui ont déjà lu Sublutetia 3, d’avoir les réponses à quelques unes de ces questions. Mais avant de lire… essayez de parier avec vous-même !

right or wrong

Un match de cricket peut durer plusieurs jours.
VRAI. Hélas.

Il y a une façade creuse au 23-24 Leinsters Garden à londres
VRAI. Vous pouvez même aller vérifier !

On a déjà essayé d’utiliser des lapins pour des tâches policières.
FAUX. Ou plutôt : « not that I’m aware of », comme on dit là-bas.

Des gens ont  transformé une plate-forme en haute mer en mini-royaume de pacotille.
VRAI. Cela s’appelle le Sealand. Toutefois, les habitants en étaient beaucoup moins antipathiques que ceux de Sublu 3. Aussi fous, ça, ça ne fait pas un pli.

Highgate Cemetery servait de « maison de retraite secrète » à des personnalités qui voulaient se faire passer pour mortes.
FAUX. Quand même, il y a des limites.

Ah, et le tunnel souterrain avec système hydraulique entre l’aile Ouest et Est de Highgate ?
VRAI. Il n’est plus en activité, on n’en parle que très peu, mais il existe. J’en ai vu l’entrée et la sortie !

Est-il vraiment interdit de se promener avec un parapluie ouvert dans Burlington Arcade, à Londres ?
VRAI. En théorie, en tous les cas, mais je n’ai jamais essayé.

Y a-t-il un point de loi anglaise qui permette de « gagner » le borough de Londres à l’issue d’un match de cricket ?
FAUX. Mais compte tenu de ce qui existe vraiment dans la loi anglaise, cela n’aurait rien eu d’étonnant.

Alors, votre score ?

Sublutetia 3 : un souvenir d’Avalon

Il y a maintenant plus de dix ans, je m’étais lancé dans l’écriture d’un roman appelé Avalon. Celui-ci n’a jamais été publié, peut-être parce que je n’avais pas assez insisté, et plus probablement parce que je n’étais pas encore un auteur assez mûr. Ce n’était pas un roman jeunesse, mais… c’était un roman sur la jeunesse. Il racontait l’histoire d’un jeune homme, Parker, qui, parvenu à la trentaine, désespérait de ne pas retrouver dans sa vie actuelle l’enthousiasme et le mystère qu’il avait connu durant l’enfance. Il décidait alors, avec son meilleur ami, de « recréer » une semaine de vacances d’enfance, afin de comprendre ce qui lui faisait défaut, de déterminer là où il aurait fait un mauvais choix. A quel moment de notre vie d’adulte les choses cessent-elles d’être magiques ? Quand perd-on notre capacité d’émerveillement ? C’était le sujet de la première partie de ce roman, raconté à la première personne par l’ami de Parker. La seconde partie, elle, penchait du côté du roman d’aventures : le fameux narrateur disparaissait, et Parker se lançait à sa poursuite jusqu’en Bretagne. Là devait se trouver Avalon, une espèce d’endroit enchanté dont les deux amis avaient rêvé durant leur enfance, sans que l’on sache s’il s’agissait d’un pur fantasme ou d’une extrapolation à partir de bribes de souvenirs.

SONY DSC

Avalon voguait donc entre deux eaux, moitié roman introspectif bien français, moitié roman d’aventures plus anglo-saxon. Un ami m’avait dit « tu devrais en faire un roman jeunesse » ; indirectement, j’ai suivi ses conseils. Il m’est apparu clairement, à cette remarque, que c’est le roman jeunesse qui convenait à mon univers. Et si je n’ai aucun désir de réécrire ce livre – ce qui est fait est fait – il est indéniable qu’on en retrouve beaucoup dans Sublutetia 3. Le Ventre de Londres comporte aussi un Avalon, un peu différent bien sûr ; et à nouveau, c’est un lieu où se cristallisent des souvenirs d’enfance. Il me semblait important de « boucler la boucle » Sublutetia en finissant par là où j’avais, en un sens, commencé. Pas étonnant, donc, qu’il y ait dans ce troisième volume un parfum de nostalgie qui était absent des premiers.

Plus que deux jours, et vous pourrez m’en donner des nouvelles !

Sublutetia 3 : pères et impairs

C’est dans Sublutetia 2 que l’on fait connaissance, en pointillés, du père de Nathan, celui que le premier volume avait laissé tout auréolé de mystère. Un personnage maladroit, fantaisiste, un peu menteur, avec une fâcheuse tendance à fuir les responsabilités ; en un mot, tout l’opposé de son fils. Sublutetia 3 permettra de le connaître davantage, mais sur cela, je ne m’étendrai pas : je me contenterai de vous rappeler la date du 2 octobre.

Quand mon propre père a lu Sublutetia 2, il m’a déclaré, la bouche à l’envers façon Robert de Niro : « C’est un drôle de père, que tu lui as fait, à Nathan !« . Derrière cette phrase, on pouvait sans peine lire « punaise, c’est comme ça que tu me vois ?« . On se met à sa place : je suis son fils, je sors mes premiers romans, il y a un personnage de père dedans… comment ne pas se sentir concerné ? Et pourtant ! Pas une seule seconde je n’ai pensé à mon père en inventant celui de Nathan. Et vous allez comprendre pourquoi.

Les américains ont le génie des expressions concises et efficaces, avec ceci d’embêtant qu’elles perdent de l’impact une fois traduites en français. L’une d’elle est : « the strong, silent type« . En français littéral, cela donnerait « le genre fort et silencieux », ce qui n’est pas totalement satisfaisant. Dans la série TV Les Sopranos, Tony, le héros, se lamente de ce qu’il n’existe plus, à son sens, d’hommes du « strong, silent type » façon Gary Cooper (pour les plus jeunes, un acteur mythique de l’âge d’or d’Hollywood). Le fameux « genre fort et silencieux », c’est cette catégorie d’hommes qui ne se plaignent jamais, restent inébranlables devant l’adversité, et ne se laissent jamais dépasser par les événements. Des durs, oui, mais pas au sens « petite frappe » : des hommes solides, pas complaisants pour deux sous, qui ont à coeur de ne jamais exposer leurs faiblesses.

Gary Cooper, qu'on imagine sans peine "strong" et "silent"

Gary Cooper, qu’on imagine sans peine « strong » et « silent »

Il se trouve que cette expression, elle sied on ne peut mieux à mon propre père. C’est une version française très réussie du « strong, silent type« , ou en tous les cas de l’idée que je m’en fais. Je verrais très bien mon père, transporté au Far-West, faire 50 kilomètres à pieds sous le soleil avec une flèche indienne dans l’épaule, puis rentrer sous la tente du docteur et dire « Vous pourriez m’enlever ça ?« . Et si le docteur lui demandait « Mais vous n’avez pas mal ?« , il répondrait juste « Si.« . Mon père est trop jeune pour avoir joué – pour de bon – aux cow-boys et aux indiens, mais croyez-moi sur parole si je vous dis que l’exemple ci-dessus n’est qu’à peine métaphorique. C’est sans doute un lieu commun, mais je n’ai jamais eu à chercher bien loin pour me construire une image de l’héroïsme : j’avais Gaby-aux-yeux-bleus sous la main. Il avait de qui tenir, d’ailleurs : mon grand-père était de la même trempe, avec la même répugnance à trop s’exposer. Il m’a fallu attendre son décès pour apprendre qu’il avait eu la croix de guerre ; la médaille était rangée dans un bureau, et je ne l’avais jamais entendu la mentionner avant.

Il se trouve que dans Sublutetia 3, on croise un septuagénaire dynamique et courageux qui, pour le coup, présente beaucoup de points communs avec mon père. Mais comme à mon habitude, il ne s’agit pas d’un décalque : ce personnage emprunte à droite et à gauche (et par certains côtés, à moi. Le père, le fils… Je me demande ce que fabrique le Saint-Esprit, dans tout ça !). Toutefois, il correspond bien davantage à l’image de mon propre père que celui de Nathan.

Mon père (en blanc), période "Boarwalk Empire"

Mon père (en blanc), période « Boardwalk Empire »

Oui, et le père de Nathan, alors ? Lui aussi est une mosaïque d’influences et de personnalités. J’avais au départ l’acteur Pierre Richard en tête, pour le côté gaffeur et poltron. Mais bizarrement, j’ai aussi beaucoup puisé dans le souvenir de quelqu’un que j’ai connu, à savoir le père d’un ami. Le monsieur en question était extrêmement athlétique (et doit l’être toujours), avec un visage entre Alain Souchon et Bruce Dern (je vous laisse faire un Google Images pour tenter d’opérer le mélange), mais il avait malgré cela un côté grand échalas qui masquait cette dimension sportive. C’était un monsieur enthousiaste, toujours réjoui, très fantasque, qui multipliait les petits boulots pour se consacrer à des passions (encore) moins lucratives comme le théâtre. Accessoirement, c’est à lui que je dois la découverte de l’album Fun House des Stooges, et je ne le remercierai jamais assez pour cela. Je crois que le côté « débrouille » du père de Nathan lui doit pas mal.

Au fait… Plus qu’une semaine, vous savez ?

 

De Sublutetia 1… à Sublutetia 3 ?

Après quelques premiers retours de lecture, j’ai noté qu’une remarque revenait de manière récurrente : Sublutetia 3 serait davantage la continuité logique du 1… que du 2. Le tome 2 constituerait, de fait, une parenthèse. Ce n’est pas totalement faux, en réalité. Le tome 2 est assez différent des deux « extrémités » à plusieurs égards : il ne se passe que sur une journée, il oscille entre passé et présent, et surtout, il ne représente pas une évolution majeure dans les relations entre Keren, Nathan, et son père (même si ce dernier est beaucoup plus présent).
Par ailleurs, aucun personnage du 2 n’intervient de manière directe dans le 3 ;  on se contente d’allusions qui, finalement, pourraient être résumées de manière succinte. Si l’on sait qu’une certaine Von Arnim avait localisé l’entrée de Sublutetia, et qu’au XIXème siècle, un aventurier du nom de Cassilis s’était retrouvé en possession d’un fragment de voûte de cristal… on peut pratiquement sauter du 1 au 3 sans passer par le 2.

metro paris londres

Faut-il le faire pour autant ? Je ne suis certainement pas en train de vous dire de ne pas lire Sublutetia 2, parce que – vous me pardonnerez ce petit sursaut d’orgueil – j’en suis quand même assez fier. Sublutetia 2, c’est « mon roman XIXème », celui où j’ai pu m’amuser à imiter le style de mes héros littéraires, et c’est aussi celui des trois où la construction de l’histoire est la plus complexe. Et puis, vous supporteriez d’avoir le 1 et le 3 dans votre bibliothèque, et pas le 2, franchement ?
En revanche, ce dont je me rends compte aujourd’hui, c’est qu’il pourrait pratiquement être lu… après le 3. Comme une aventure inédite de Keren et Nathan, quelque chose qui nous aurait échappé. Même ce cher Conan Doyle ne s’est pas gêné pour user de telles ruses. Faites l’essai : vous verrez que ça marche !

Ce qui est certain, en tous les cas, c’est que Sublutetia 1 et Sublutetia 3 se font écho à plus d’un titre, aussi bien dans les thématiques que la progression de l’histoire. Alors… 1, 2, 3 ou 1, 3, 2 ? Un tiercé qui n’appartient qu’à vous…

Sublutetia 3, Monty Pythons et humour

On a tous une vague idée de ce que peut-être l’humour britannique, mais en donner une définition est une autre paire de manches. On y associe les notion de non-sens, d’absurde, de finesse, de second degré… et pourtant, l’humoriste anglais le plus connu pour les gens de ma génération, c’est Benny Hill (jeunes lecteurs, estimez-vous chanceux d’y avoir échappé) : allez faire des généralités après ça !

Pour botter en touche, je dirais que « mon » humour anglais, c’est celui que maniaient dans le temps les Monty Pythons (à travers leur série TV Monty Python’s Flying Circus, puis dans des films comme Sacré Graal ou Le Sens de la vie), et que pratique encore avec génie quelqu’un comme Graham Linehan (Father Ted, The IT Crowd, Black Books : trois chefs-d’oeuvre de télévision). En parlant de lui, je serais tenté de vous dire que la boucle est bouclée, puisque c’est, paraît-il, à une fête qu’il organisait que se sont rencontrés Neil Hannon et Thomas Walsh, les musiciens que j’évoquais dans mon précédent billet. Mais nous nous égarons pas.

Sublutetia 3 se déroule en Angleterre, un pays auquel est associé une grande partie de mon imaginaire. Et même si, en grandissant, j’ai fini par comprendre que bon nombre de mes « anglais » préférés étaient en réalité écossais ou irlandais, je continue à vouer une grande admiration à tout ce que ce pays a pu produire dans le registre culturel – ou « pop-culturel ». Dans mon troisième tome, donc, j’ai voulu rendre hommage à quelques éléments de cette culture, parmi lesquels… l’humour. Du moins, celui du deuxième paragraphe (et certainement pas celui du premier).

Au premier rang : Eric Idle, Michael Palin et Terry Jones – Au second plan : Graham Chapman, John Cleese et Terry Gilliam

Question préliminaire : peut-on faire de l’humour anglais quand on est un écrivain français ? Réponse : on peut essayer. C’est ce que j’ai fait. Si j’ai en permanence besoin d’être rassuré (par mon éditeur, mes amis, par vous) sur ma capacité à être écrivain dans l’absolu, il y a tout de même une chose dont je suis sûr : je crois être un bon pasticheur. Les humoristes évoqués plus haut, j’en suis tellement imprégné qu’à défaut de pouvoir faire la même chose qu’eux, je peux au moins les imiter. J’introduis donc dans Sublutetia 3 deux personnages, Palin et Carson, que j’ai conçus comme s’ils s’étaient précisément échappés d’un sketch des Monty Pythons. Le nom « Palin » est d’ailleurs un clin d’oeil à Michael Palin, l’un des Pythons – même si je me suis inspiré de son ancien comparse John Cleese pour son apparence physique. Et histoire de faire simple, le personnage de Carson est quant à lui calqué physiquement sur Terry Jones. C’est à ces trois olibrius que se destine la deuxième dédicace du livre.

Le risque, évidemment, c’est de tomber dans une certaine surcaractérisation, dans une imagerie qui frôle le cliché. Maintenant que j’ai pu relire le roman avec du recul, je crois que Sublutetia 3 est réellement comme je le souhaitais : c’est bien mon Angleterre, à demi-réelle et à demi-fantasmée, celle qui me fait rêver depuis que je connais l’existence de Sherlock Holmes et Graham Chapman.

Ce que j’ai toujours trouvé troublant avec le bon humour anglais, c’est que son absurdité finit par induire une espèce d’étrangeté, et peut même dans une certaine mesure, se révéler inquiétant. C’est un humour qui entretient une connivence réelle avec le fantastique, là où l’humour à la française, aussi fin qu’il puisse être, reste ancré dans le réel. Bref, c’est bien l’humour qu’il fallait à Sublutetia.

Avant de me lancer dans l’écriture de ce dernier tome, j’ai beaucoup lu Mark Twain. Si, en France, on l’associe presque exclusivement à ses deux oeuvres « jeunesse », Les Aventures de Tom Sawyer et Les Aventures d’Huckleberry Finn, les américains, eux, le considèrent (entre autres choses) comme l’un des fondateurs de « l’humour américain ». Il a même légué son nom à un prix très officiel qui récompense les meilleurs humoristes des USA. On retrouve la trace de ces lectures dans Sublutetia 3 : impossible de se défaire si facilement d’une telle influence. L’humour de Mark Twain repose sur l’ironie, l’art de rendre cocasse une situation qui ne l’est pas. De fait, je pense que le ton employé par le narrateur de Sublutetia 3 est plus moqueur que dans les précédents, plus taquin avec les personnages. Entendez : plus drôle. Même si je ne prétends pas que vous allez vous tenir les côtes de rire, bien sûr…

Michael Palin, l’âme d’un coureur d’aventures.

Avant de conclure, encore un petit mot sur Michael Palin. En plus de m’avoir fait beaucoup rire au sein des Monty Pythons et dans Un Poisson nommé Wanda, cet adorable monsieur illustre l’esprit d’aventure que je chéris tant. En marge de sa carrière d’humoriste, il a accompli de nombreux voyages « à l’ancienne », et a, en particulier, tâché de reproduire à l’identique le fameux tour du monde en 80 jours de Jules Verne. Sans avion, donc. Il a depuis sillonné le Sahara, l’Afrique, l’Himalaya, et bien d’autres destinations encore. Arrivé à mon âge, je sais qu’il y a bien peu de chances pour que j’aie, un jour, le courage et la détermination d’entreprendre ne serait-ce qu’un seul de ces périples. Mon admiration pour Mr Palin n’en est que plus grande. Pour ceux qui parlent anglais, un petit détour par son site s’impose. En voilà encore un à qui je n’aurai de cesse que d’avoir serré la main. Patience…

J’ai bien conscience que ce sont plutôt les parents de mes lecteurs que ces derniers qui savoureront la référence, mais avec Sublutetia 3, préparez-vous… for something completely different.

Sublutetia 3, le cricket et The Duckworth Lewis Method

L’hiver dernier, vous vous en rappelez sans doute (si ce n’est pas le cas, je crois que le temps menace de s’en charger tout seul), a été particulièrement ignoble. Début novembre, je n’avais pas encore fini Sublutetia 3 et je butais sur l’écriture de ce qu’on appelle parfois le « climax », à savoir le moment de tension vers lequel tout ce qui précède semble tendre. Je savais à quoi devait ressembler cette scène dans les grandes lignes : j’avais les protagonistes, l’enjeu, l’issue ; bref, le contenu… mais pas le contenant. C’est alors que je suis tombé sur cette petite merveille.

(cliquez pour un extrait - Mason On The Boundary)

(cliquez pour un extrait – Mason On The Boundary)

Comme la pochette le suggère après un examen attentif, cet album parle de cricket, l’incompréhensible sport que seuls les pays liés historiquement à la Grande-Bretagne pratiquent encore avec acharnement (l’Inde, le Pakistan, etc)… En plus de la Grande-Bretagne elle-même et de l’Irlande, bien entendu.
Quand je dis que le disque parle de cricket, je devrais préciser qu’il ne parle que de cricket : toutes les chansons y ont trait directement. Vous vous demandez, probablement, comment on peut parvenir à réunir 12 chansons sur ce thème ? Au risque de vous achever, sachez que les intéressés ont remis ça en juillet dernier avec un deuxième disque, et toujours le même concept.

(je sais que cette pochette est moins présentable, mais je suis sûr que tout le monde ici, sans exception, a déjà vu pire)

(je sais que cette pochette est moins présentable, mais je suis sûr que tout le monde ici, sans exception, a déjà vu pire)

The Duckworth Lewis Method – c’est le nom du groupe – est en fait un duo formé de Neil Hannon, du groupe The Divine Comedy (qu’il incarne à lui tout seul), et de Thomas Walsh, l’âme du groupe Pugwash. Les deux gaillards sont des génies de la mélodie, et leur association ne pouvait faire que des étincelles. Leurs deux disques ont été mes plus belles découvertes en matière de « pop soignée » depuis belle lurette. Mais surtout, ils m’ont fourni l’idée qui me manquait : ma fameuse scène devait tourner autour du cricket. Je ne vous en dis pas plus, évidemment, mais sachez que seul, je n’aurais jamais pu inventer un jeu avec des règles aussi tordues – et, conséquence indirecte, aussi romanesques. Si vous pensiez que le Quidditch était incompréhensible, c’est que vous n’avez encore jamais vu de match de cricket. Et là, il n’y a même pas l’excuse de devoir enfourcher un balai volant.

Duckworth-Lewis

Thomas Walsh et Neil Hannon, aka The Duckworth Lewis Method.

La proximité que la musique peut engendrer est quelque chose qui me semble difficilement explicable, et qui lui est propre plus qu’à tout autre art. Malgré ma vocation, je ne me suis jamais senti aussi proche d’un écrivain, d’un cinéaste ou d’un peintre que je n’ai pu l’être d’un musicien. En écoutant The Duckworth Lewis Method, il m’a semblé évident que ma route devait un jour croiser celle de Thomas Walsh et Neil Hannon (et pas seulement parce que moi aussi, je suis fan de Electric Light Orchestra, leur inspiration mélodique pour ce disque) ; que nous avions des plaisanteries et des expériences à échanger… et qu’il serait infiniment cruel que cela n’arrive pas un jour ou un autre. Ce petit mot en tête de Sublutetia 3 est non seulement un remerciement pour m’avoir inspiré, rendu heureux, mais également ma manière de leur adresser un salut qui, sans cela, serait resté un geste vain.

DSCF1311

« A Neil Hannon et Thomas Walsh pour avoir contribué à mon bonheur et à ma connaissance du cricket »

Il y a quelques jours, j’ai eu la joie d’apprendre que M. Thomas Walsh avait été touché par mon petit mot (vive Facebook). J’espère qu’il en sera de même pour son comparse – si l’occasion se présente. En attendant, je vous invite vivement à découvrir les deux disques de The Duckworth Lewis Method (ainsi que ceux de Pugwash et The Divine Comedy, bien entendu).

duckworth eric

(j’ai prévu de me raser très prochainement)

Et si vous vous demandez le pourquoi de ce nom (« The Duckworth Lewis Method »), vous pouvez évidemment chercher sur Wikipedia… ou lire Sublutetia 3 en entier. Vous ne serez pas surpris d’apprendre que je vous recommande vivement la seconde solution.

Shine a little love !

Sublutetia 3 : le ventre de Londres

J’attendais de pouvoir faire cette photo depuis le jour où j’ai su que Sublutetia serait une trilogie. Le concept même de « trilogie », dans un certain imaginaire populaire collectif, a une dimension magique. L’estimable J.K. Rowling a un peu brisé le cycle, certes. Mais il n’empêche : aujourd’hui, je suis fier et tout excité de savoir que désormais, j’ai moi aussi ma trilogie.

DSCF1307Voilà, il est donc finalement arrivé ! La couverture est splendide, et les illustrations de Rémi Saillard, à la fin, au-delà de mes espérances. Mais je devrais peut-être vous dire un mot ou deux sur le contenu ?

Sublutetia : le ventre de Londres est un peu un retour à l’esprit du premier. On y progresse selon une narration plus linéaire que dans le deuxième tome, qui avait un peu embrouillé quelques jeunes lecteurs avec ses sauts d’une époque à une autre. Ici, il y a trois intrigues de départ qui convergent rapidement l’une vers l’autre.
Comme nous l’indique le petit résumé au dos, l’intrigue tourne autour du secret du père de Nathan… et de ses conséquences. Ce qui, rapidement, va amener nos héros (Keren, Nathan, et son père, donc) à se rendre en Angleterre, à Londres, où il existerait également une cité souterraine. La « jumelle anglaise » de Sublutetia.
Quelques nouveaux personnages font leur apparition dans ce tome. L’un d’eux m’a été inspiré très directement par un article que j’avais lu, il y a quelques temps, à propos du Sealand. Le Sealand est une « principauté » assez curieuse, puisqu’il s’agit en réalité d’une ancienne plateforme militaire abandonnée (du moins, elle l’a été un temps), au large des côtes anglaises A la fin des années 60, un illuminé, vétéran de la seconde guerre mondiale, s’est auto-proclamé roi de ce lieu qui, à l’époque, ne se trouvait dans aucune eau territoriale. Comme vous le verrez, toute ressemblance avec des personnages vivants ou ayant existé est absolument désirée.
On croisera aussi une machine à explorer les profondeurs terrestres, un couple de retraités assez atypique, quelques sujets britanniques fous à lier… et même l’esprit de Sir Arthur Conan Doyle. Il n’y a toujours pas de fantastique (au sens où nous l’entendons en France) sans Sublutetia… mais le spiritisme est de la partie.

Le cimetière, en couverture, c’est celui de Highgate, à Londres, l’un des lieux les plus envoûtants de la capitale britannique. Une bonne partie de l’intrigue s’y déroule. Comme d’habitude, j’ai mêlé des éléments véridiques – et difficiles à croire – à des éléments totalement fictifs, et pas tellement plus difficiles à croire. Je vous laisse traquer le vrai dans tout cela !

A suivre…