Sublutetia 3, le cricket et The Duckworth Lewis Method

L’hiver dernier, vous vous en rappelez sans doute (si ce n’est pas le cas, je crois que le temps menace de s’en charger tout seul), a été particulièrement ignoble. Début novembre, je n’avais pas encore fini Sublutetia 3 et je butais sur l’écriture de ce qu’on appelle parfois le « climax », à savoir le moment de tension vers lequel tout ce qui précède semble tendre. Je savais à quoi devait ressembler cette scène dans les grandes lignes : j’avais les protagonistes, l’enjeu, l’issue ; bref, le contenu… mais pas le contenant. C’est alors que je suis tombé sur cette petite merveille.

(cliquez pour un extrait - Mason On The Boundary)

(cliquez pour un extrait – Mason On The Boundary)

Comme la pochette le suggère après un examen attentif, cet album parle de cricket, l’incompréhensible sport que seuls les pays liés historiquement à la Grande-Bretagne pratiquent encore avec acharnement (l’Inde, le Pakistan, etc)… En plus de la Grande-Bretagne elle-même et de l’Irlande, bien entendu.
Quand je dis que le disque parle de cricket, je devrais préciser qu’il ne parle que de cricket : toutes les chansons y ont trait directement. Vous vous demandez, probablement, comment on peut parvenir à réunir 12 chansons sur ce thème ? Au risque de vous achever, sachez que les intéressés ont remis ça en juillet dernier avec un deuxième disque, et toujours le même concept.

(je sais que cette pochette est moins présentable, mais je suis sûr que tout le monde ici, sans exception, a déjà vu pire)

(je sais que cette pochette est moins présentable, mais je suis sûr que tout le monde ici, sans exception, a déjà vu pire)

The Duckworth Lewis Method – c’est le nom du groupe – est en fait un duo formé de Neil Hannon, du groupe The Divine Comedy (qu’il incarne à lui tout seul), et de Thomas Walsh, l’âme du groupe Pugwash. Les deux gaillards sont des génies de la mélodie, et leur association ne pouvait faire que des étincelles. Leurs deux disques ont été mes plus belles découvertes en matière de « pop soignée » depuis belle lurette. Mais surtout, ils m’ont fourni l’idée qui me manquait : ma fameuse scène devait tourner autour du cricket. Je ne vous en dis pas plus, évidemment, mais sachez que seul, je n’aurais jamais pu inventer un jeu avec des règles aussi tordues – et, conséquence indirecte, aussi romanesques. Si vous pensiez que le Quidditch était incompréhensible, c’est que vous n’avez encore jamais vu de match de cricket. Et là, il n’y a même pas l’excuse de devoir enfourcher un balai volant.

Duckworth-Lewis

Thomas Walsh et Neil Hannon, aka The Duckworth Lewis Method.

La proximité que la musique peut engendrer est quelque chose qui me semble difficilement explicable, et qui lui est propre plus qu’à tout autre art. Malgré ma vocation, je ne me suis jamais senti aussi proche d’un écrivain, d’un cinéaste ou d’un peintre que je n’ai pu l’être d’un musicien. En écoutant The Duckworth Lewis Method, il m’a semblé évident que ma route devait un jour croiser celle de Thomas Walsh et Neil Hannon (et pas seulement parce que moi aussi, je suis fan de Electric Light Orchestra, leur inspiration mélodique pour ce disque) ; que nous avions des plaisanteries et des expériences à échanger… et qu’il serait infiniment cruel que cela n’arrive pas un jour ou un autre. Ce petit mot en tête de Sublutetia 3 est non seulement un remerciement pour m’avoir inspiré, rendu heureux, mais également ma manière de leur adresser un salut qui, sans cela, serait resté un geste vain.

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« A Neil Hannon et Thomas Walsh pour avoir contribué à mon bonheur et à ma connaissance du cricket »

Il y a quelques jours, j’ai eu la joie d’apprendre que M. Thomas Walsh avait été touché par mon petit mot (vive Facebook). J’espère qu’il en sera de même pour son comparse – si l’occasion se présente. En attendant, je vous invite vivement à découvrir les deux disques de The Duckworth Lewis Method (ainsi que ceux de Pugwash et The Divine Comedy, bien entendu).

duckworth eric

(j’ai prévu de me raser très prochainement)

Et si vous vous demandez le pourquoi de ce nom (« The Duckworth Lewis Method »), vous pouvez évidemment chercher sur Wikipedia… ou lire Sublutetia 3 en entier. Vous ne serez pas surpris d’apprendre que je vous recommande vivement la seconde solution.

Shine a little love !

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